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L’amour et l’art de la comédie
« La Commedia della Pazzia » sur scène jusqu’au
27 avril 2003 au Théâtre Juvarra; c’est un peu un trumeau,
baroque tardif au goût du jour. Imaginé et mis en scène
par Mauro Piombo, coproduit par la SantiBriganti et le Teatro del Frizzo,
le spectacle narre une histoire d’amour fantaisiste et bizarre avec
la technique, les instruments, les trucages, les masques de la Commedia
dell’Arte.
Elle occupe cependant une zone chronologique indéfinissable, que
l’on peut aussi bien définir totalement contemporaine que
totalement archaïque.
Dès le début, on voit sur scène une image féminine
suspendue à une énorme jupe, des têtes de couleur
qui donneront vie à l’action sortent des petites fenêtres
de la jupe.
Après un prologue chanté et récité, on entre
dans l’histoire, on découvre Adalia et Fulvio, deux êtres
qui n’ont qu’un seul désir: trouver le « partner
» idéal. Les parcours capricieux de la comédie permettent
à Adalia et Fulvio de se rencontrer, mais Adalia porte les habits
d’un homme et Fulvio les habits d’une femme. A partir de là,
même la psychologie change : Adalia pense et agit comme un homme
sachant qu’elle est une femme, Fulvio reste un homme avec les hésitations
et les agitations d’une femme. L’histoire s’enrichit
et dès lors apparaissent d’autres histoires où l’on
retrouve les lazzi, les non-sens, les déformations de la Commedia
dell’Arte.
Les acteurs: Zahira Berrezouga, Davide Cùccuru, Antonella Delli
Gatti, Michele Guaraldo et Orlando Manfredi.
Osvaldo Guerrieri - La Stampa, 25 avril 2003
L’empreinte de la Commedia dell'Arte
(…)
Dans une succession légèrement suréelle de scènes
et de scènettes, de dialogues et de monologues, de petits incidents,
de jeux de mimiques et d’acrobaties, voilà une histoire qui
nous transporte dans le monde de la fable, peut-être au Moyen-Age,
ou plus loin encore ; mais peu importe. Tout comme importe peu de suivre
point par point cette histoire drole, farfelue et non exempte d’une
coloration psycho-analytique : pour y prendre plaisir il suffit de s’en
remettre à l’entente qui règne entre les acteurs (…),
à l’ecclectisme virtuose, à l’extravagance des
situations, à l’accentuation clownesque, aux costumes fantaisistes
(…). Avec son répertoire de gestes, de lazzi et de répliques,
ce spectacle divertissant suit avec une inégalable maestria les
formules de la Commedia dell’Arte, dans l’intention manifeste
de maintenir vivantes ses caractéristiques, et chaque réplique
semble rendre ses couleurs plus éclatantes.
Mirella Caveggia - PrimaFila - Décembre
2003
Avignon en festival - La Commedia della Pazzia
Des masques vénitiens, des costumes à “l’italienne”,
des palabres dans toutes les langues, en français, en italien,
en anglais.. et voilà le public plongé dans le monde à
la fois grotesque, vulgaire, fantastique de la Commédia dell’
Arte !
Sur scène, les comédiens – Zahira Berrezouga, Davide
Cùccuru, Antonella Delli Gatti, Michele Guaraldo et Orlando Manfredi
– talentueux dans leur rôle de composition, s’animent,
s’agitent dans tous les sens et mettent en scène l’inversement
des rôles entre personnages. Adalia se met ainsi dans la peau d’un
homme, et Fulvio, incapable d’aimer, fait de même en se mettant
dans la peau d’une femme. Le but : remplacer l’autre pour
voir ce que ce dernier ressentirait.
Cette comédie funèbre, macabre, agrémentée
de chants et de « méli-mélos » tend parfois,
au burlesque rejoignant le comique de gestes, de situation, etc…
Julie Nobili – La Provence, 20 Luglio
2003
La Commedia della Pazzia par la Compagnie Santibriganti
Teatro
(Théatre Présence Pasteur Avignon)
Adalia e Fulvio cherchent l’âme sœur, mais quand Adalia
rencontre Fulvio, il est habillé en femme et elle est habillée
en homme. Impossible de vous raconter le reste, c’est un spectacle
qu’il faut voir. De la Commedia dell’Arte de très grande
qualité. Des prouesses d’acteurs à vous couper le
souffle, un rythme invraisemblable, des lazzis qui font rire la salle
entière, une langue réinventée dans un méli-mélo
d’italien, de français, d’anglais et autres dialectes.
Bref un moment rare où triomphent théâtre et joie
de vivre.
Elisabeth Gentet-Ravasco – Atelier Théâtre,
novembre 2003
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